À la veille du choc tant attendu entre le Sénégal et la France pour leur entrée en lice dans la Coupe du monde 2026, l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko a livré une analyse qui dépasse largement le cadre purement sportif. Interrogé ce lundi 15 juin par France 24 et RFI, le leader politique, tout en affichant son vœu de voir les Lions réitérer l’exploit historique de 2002, a invité à une lecture géopolitique de cette confrontation. Selon lui, la configuration même de l’équipe de France illustre le potentiel du continent et doit pousser les Africains à une profonde prise de conscience de leur propre valeur face à l’Occident.
Le souvenir du match d’ouverture de la Coupe du monde 2002, où le Sénégal avait terrassé la France tenante du titre, plane avec insistance sur les retrouvailles prévues ce mardi 16 juin à 19h. Invité à donner son pronostic, Ousmane Sonko n’a pas caché son cœur de supporter : « Je pense que le Sénégal va gagner. Je le souhaite en tout cas, comme tous les Sénégalais. Dans tous les cas, ce n’est qu’un match de football. »
Cependant, pour le Président de l’Assemblée nationale, cette affiche footballistique est un miroir des dynamiques historiques et démographiques contemporaines. Évoquant la forte présence de joueurs d’origine africaine au sein de la sélection tricolore, il a posé un diagnostic sans concession : « Mais pour avoir une lecture politique de ce match, quel que soit le vainqueur, c’est l’Afrique qui aura battu l’Afrique. »
Pour Ousmane Sonko, cette réalité sportive doit servir de déclic pour repenser globalement les relations complexes entre la France, l’Occident et le continent africain. Elle met en lumière, selon lui, une inversion cognitive de la dépendance et des besoins réels entre les deux blocs.
S’adressant directement à ses concitoyens et au continent, il a martelé son message de souveraineté et de confiance en soi : « Et ça me ramène à une réflexion, dans les relations entre la France et l’Afrique. Rien que de voir la configuration de l’équipe nationale française, cela nous ramène à comprendre où se trouve le besoin en réalité. Et le message que je lance toujours aux Africains, c’est que si on sait connaître notre valeur et l’assumer – nous avons des ressources naturelles, nous avons des ressources humaines avec une démographie assez galopante et une population essentiellement jeune, et nous avons le positionnement – eh bien, je pense que l’échelle des besoins ne se situe pas là où on le pense. »
En conclusion de son intervention accordée aux médias internationaux ce lundi, il a souligné que cette grille de lecture remet inévitablement sur la table les grands sujets de friction et de coopération internationale : « Et ça ramènera le débat sur l’immigration, ça ramènera le débat sur tout un tas de problématiques qui peuvent exister entre l’Occident de manière générale et l’Afrique. »







