L’Autorité nationale de biosécurité (ANB) a réuni à Ziguinchor plusieurs dizaines d’acteurs du monde rural, agriculteurs, pisciculteurs et éleveurs, dans le cadre d’un atelier de sensibilisation, ce mardi. Cette rencontre s’inscrit dans une tournée nationale visant à rapprocher l’institution des producteurs et à vulgariser les biotechnologies modernes, notamment les organismes génétiquement modifiés (OGM).
Dans une région où l’agriculture et l’élevage constituent l’épine dorsale de l’économie, l’ANB entend renforcer la compréhension de ses missions et ouvrir un débat transparent sur les opportunités et les risques liés aux biotechnologies.
« Partager l’information pour une meilleure gestion »
Directeur exécutif de l’ANB, Pr Alioune Ndiaye a rappelé l’importance d’un dialogue direct avec les acteurs de terrain. « Il faut partager les informations avec les acteurs pour une meilleure gestion et pour tirer avantage des biotechnologies modernes dans les domaines de l’agriculture, de la pisciculture et de l’élevage », a-t-il déclaré.
Selon lui, la biosécurité ne doit pas être perçue comme une contrainte administrative, mais comme un outil de régulation et de protection permettant d’accompagner l’innovation sans compromettre la santé publique ni l’environnement.
Les OGM : entre opportunité et vigilance
L’atelier a permis de clarifier le rôle de l’ANB dans l’encadrement de l’introduction et de l’utilisation des OGM au Sénégal. Le Pr Ndiaye a insisté : « Les OGM doivent faire l’objet d’un discours détaillé pour permettre aux acteurs de comprendre les enjeux et leur impact sur la santé humaine ».
Il a illustré son propos par l’exemple de la filière mangue en Casamance, où certaines variétés sont jugées peu attractives par les consommateurs. Les biotechnologies pourraient permettre d’améliorer ces variétés, en renforçant leur goût ou leur résistance aux maladies.
Pour le directeur régional du développement rural (DRDR) de Ziguinchor, Casimir Adrien Sambou, l’initiative est capitale. « C’est l’atelier le plus important face au défi d’une agriculture intelligente. Les agriculteurs les mieux informés obtiennent les meilleurs rendements », a-t-il affirmé.
Cette approche met en lumière un principe clé : l’innovation agricole ne peut être durable que si elle est accompagnée d’une information claire et accessible aux producteurs.
Vers une collaboration renforcée
La rencontre de Ziguinchor marque une étape dans la tournée nationale de l’ANB, qui entend multiplier les échanges avec les acteurs de terrain. L’objectif est de bâtir une agriculture moderne, compétitive et durable, où les producteurs disposent des connaissances nécessaires pour décider en toute responsabilité.
Dans un contexte où la sécurité alimentaire et la compétitivité des filières locales sont des enjeux majeurs, l’encadrement des biotechnologies apparaît comme un levier stratégique pour conjuguer productivité et durabilité.







