Le samedi 6 juin 2026, le commissariat d’arrondissement de Grand-Yoff a interpellé M.S. Ba, commerçant âgé de 25 ans, domicilié à Dieuppeul rue 13, pour des faits d’abus de confiance et d’escroquerie portant sur la somme provisoire de 68 800 000 F CFA. L’affaire implique plusieurs victimes et révèle un système de manipulation rodé.
À l’origine : une relation commerciale de confiance trahie
Tout a commencé lorsque la famille de la plaignante, A. Basse, a noué une relation commerciale avec M.S. Ba. La famille lui confiait régulièrement des lots d’iPhones neufs importés de Dubaï, qu’il avait pour mission de vendre et de reverser l’intégralité des fonds encaissés, après déduction de sa commission. Une collaboration qui semblait fonctionner, jusqu’à ce qu’un inventaire réalisé après la fête de la Tabaski 2026 révèle un reliquat non versé de 66 775 000 F CFA.
Face aux réclamations de la famille Basse, M.S. Ba a multiplié les manœuvres dilatoires pour gagner du temps et éviter de rembourser les fonds. Pendant trois mois, il a prétendu que son coffre-fort était bloqué en raison d’une perte de clés, tout en continuant à solliciter la livraison de nouveaux iPhones. Il a même obtenu de l’argent de sa victime pour financer l’intervention d’un technicien censé ouvrir le coffre.
Par la suite, il a affirmé que les appareils contenus dans le coffre avaient été endommagés, avant de soutenir que des techniciens sollicités à Mbour et à Touba avaient frauduleusement vidé le coffre de l’intégralité du stock. Une version que les enquêteurs ont rapidement jugée invraisemblable, relevant qu’il était incapable de fournir la moindre information vérifiable sur l’identité ou l’adresse de ces prétendus techniciens.
Pour dissuader la victime de porter plainte, le mis en cause a simulé un faux virement bancaire de 7 000 000 F CFA depuis son compte, un compte qui s’est avéré totalement dépourvu de provisions. Il a également invoqué de fausses menaces d’emprisonnement pour dettes afin de la décourager d’engager des poursuites.
Confronté à ces éléments, il a fini par admettre avoir agi par peur et par honte.
D’autres victimes au fil de l’enquête
Au cours des investigations, une deuxième victime s’est manifestée. Le sieur A.Kane a déclaré avoir acquis auprès du suspect plusieurs iPhones présentés comme neufs pour un montant global de 1 830 000 francs CFA. À la réception des appareils, il a constaté qu’il s’agissait en réalité d’iPhones d’occasion reconditionnés, avec des écrans remplacés et des données personnelles et photographies de tiers déjà présentes dans leur mémoire.
Interrogé sur ce point, M. S.Ba a tenté de rejeter la responsabilité sur de prétendus « problèmes de mise à jour ».
L’exploitation technique du téléphone portable du mis en cause a permis d’identifier une troisième victime potentielle, S. Coly, qui avait transféré 195 000 F CFA à M.S. Ba pour l’acquisition d’un iPhone. Après avoir encaissé la somme, le suspect a refusé de lui livrer l’appareil. Elle a été invitée à se présenter au commissariat pour être entendue sur procès-verbal.
Placé en garde à vue et entendu sur procès-verbal, M.S. Ba a reconnu la matérialité de l’inventaire et le montant du reliquat dû à la famille Basse. Il a néanmoins maintenu sa version du coffre-fort transporté à Mbour puis à Touba, vidé par des techniciens inconnus. Interpellé sur son absence de réaction immédiate face à un prétendu vol de 66 millions de F CFA, il a affirmé avoir déposé une plainte tardive auprès de la Division des investigations criminelles (DIC), sans pouvoir en fournir le moindre justificatif.
L’enquête est en cours. Le montant total des préjudices provisoirement établis s’élève à 68 800 000 F CFA, répartis entre les différentes victimes identifiées à ce stade.







