Invité de l’émission RFM Matin, l’ancien ministre et député Cheikh Oumar Anne a livré un tour d’horizon sans concession de l’actualité nationale. Après avoir vivement dénoncé l’assassinat de la lycéenne Aminata Sy à Podor et l’insécurité galopante, le coordonnateur du mouvement Les Nouvelles Responsabilités s’en est pris au bilan du tandem Diomaye-Sonko, qu’il juge défaillant. Favorable à une dissolution de l’Assemblée nationale et très critique sur les préparatifs des JOJ 2026, l’opposant appelle à un grand rassemblement des forces de l’opposition en vue de l’échéance présidentielle de 2029.
Invité de l’émission RFM Matin, l’ancien ministre et député Cheikh Oumar Anne a exprimé sa profonde indignation après l’assassinat d’Aminata Sy, élève en classe de Terminale au lycée Baba-Ndiongue de Podor. Il a également dressé un tableau sombre de la situation politique et économique du Sénégal, critiquant la gestion du pouvoir, appelant à l’unité de l’opposition et se prononçant en faveur d’une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale.
Assassinat d’Aminata Sy : Cheikh Oumar Ann dénonce la recrudescence des violences
C’est avec une profonde tristesse et une vive indignation que Cheikh Oumar Anne a réagi à l’assassinat de la jeune Aminata Sy, élève en classe de Terminale au lycée Baba-Ndiongue de Podor et originaire de Ngaolé, un village situé à proximité de la commune.
La disparition tragique de cette lycéenne, dont l’avenir était encore plein de promesses, plonge sa famille, ses proches, ses camarades de classe et toute la communauté dans une immense douleur. L’ancien ministre a adressé ses sincères condoléances à la famille éplorée ainsi qu’à l’ensemble des populations de Ngaolé et de Podor, priant pour que le Tout-Puissant accueille la défunte dans Son paradis éternel.
Au-delà de ce drame, le député s’inquiète de la récurrence des crimes au Sénégal, notamment ceux qui touchent les jeunes. Il estime que la multiplication de ces actes odieux doit interpeller toute la nation.
Pour Cheikh Oumar Anne, il est urgent de prendre des mesures concrètes afin de renforcer la sécurité des citoyens, de prévenir les crimes et de lutter efficacement contre l’impunité. Il appelle l’État à assumer pleinement ses responsabilités dans la protection des personnes et des biens.
« La vie humaine est sacrée. Aucune famille ne devrait avoir à subir une telle épreuve », souligne-t-il, dans un message empreint de tristesse et d’indignation.
Un bilan sévère du régime Diomaye-Sonko
Au-delà de cette tragédie, Cheikh Oumar Anne a dressé un tableau préoccupant de la situation politique et économique du Sénégal. Selon lui, les espoirs suscités par l’arrivée au pouvoir des nouvelles autorités sont loin d’avoir été concrétisés.
« Le Sénégal avait confiance en eux. Ils avaient vendu un projet selon lequel tout allait aller pour le mieux une fois au pouvoir. Jusqu’à présent, rien », a-t-il déploré, dénonçant un pays plongé dans une situation de blocage.
Pour l’ancien ministre, les difficultés actuelles contrastent avec les attentes placées dans le nouveau pouvoir. Il estime que les autorités n’ont pas réussi à apporter des réponses satisfaisantes aux problèmes des Sénégalais, notamment sur le plan économique.
Il a également dénoncé les tensions au sommet de l’État, estimant que les divergences entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko détournent les institutions de leurs missions essentielles.
« On avait élu les deux : “Sonko moy Diomaye, Diomaye moy Sonko” », a-t-il rappelé, en référence au slogan qui avait symbolisé leur alliance politique.
Selon lui, les rivalités entre les deux hommes fragilisent la gouvernance et alimentent un climat d’incertitude, alors que les populations attendent des résultats concrets.
« L’opposition doit se regrouper »
Face à cette situation, Cheikh Oumar Anne plaide pour une recomposition de l’opposition autour d’une démarche commune. Il estime que les ambitions individuelles doivent céder la place à une stratégie collective axée sur le développement du pays.
Se disant en phase avec l’analyse récemment faite par Idrissa Seck sur la situation nationale, il insiste sur la nécessité de dépasser les divergences personnelles pour construire une véritable force politique alternative.
« Il faut l’unité de l’opposition, s’asseoir sur nos intérêts personnels et se regrouper pour le développement du pays », a-t-il soutenu.
Pour l’ancien ministre, l’expérience et les compétences demeurent indispensables pour diriger un pays. Il a notamment évoqué les parcours du Parti socialiste (PS), du Parti démocratique sénégalais (PDS) et de la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY), estimant que le contexte actuel conduit certains Sénégalais à reconsidérer le rôle que pourraient jouer d’anciens responsables politiques.
2029 dans le viseur : « Diomaye et Sonko n’oseront pas demander le pays »
Cheikh Oumar Anne se projette déjà vers la prochaine élection présidentielle. Critiquant le bilan du pouvoir actuel, il estime que les difficultés économiques et le sentiment de blocage pourraient peser sur les prochaines échéances électorales.
« En 2029, Diomaye et Sonko n’oseront pas demander le pays », a-t-il lancé.
Cette déclaration traduit sa conviction que les nouvelles autorités auront des difficultés à solliciter à nouveau la confiance des Sénégalais. Pour le coordonnateur général des Nouvelles Responsabilités, l’opposition doit donc se préparer dès maintenant, en privilégiant le rassemblement et le dépassement des intérêts personnels.
Dissolution de l’Assemblée nationale : Cheikh Oumar Anne favorable
Interrogé sur l’éventualité d’une dissolution de l’Assemblée nationale, le député s’est montré favorable à cette option si la situation politique continue de se dégrader.
« Si ça continue comme ça, je suis d’accord pour la dissolution », a-t-il déclaré, tout en réaffirmant la nécessité pour l’opposition de se regrouper.
Cette prise de position s’inscrit dans son appel à une recomposition du paysage politique, qu’il considère comme nécessaire face aux tensions et aux difficultés que traverse le pays.
JOJ Dakar 2026 : Des critiques sur l’insalubrité et le décor
L’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026 n’a pas échappé aux critiques de l’ancien ministre. Évoquant les préparatifs de cet événement international, il a notamment pointé du doigt l’insalubrité et ce qu’il considère comme des insuffisances dans le décor et l’environnement urbain.
Cheikh Oumar Anne estime que l’organisation aurait dû être à la hauteur des ambitions affichées par le Sénégal pour cette première édition des Jeux olympiques de la jeunesse organisée sur le continent africain.
Ses observations viennent ainsi alimenter le débat sur la préparation de Dakar et sur l’image que le Sénégal souhaite renvoyer à l’occasion de ce rendez-vous international.
Les Nouvelles Responsabilités poursuivent leur déploiement
Enfin, le coordonnateur général du mouvement Les Nouvelles Responsabilités a évoqué les activités de sa formation politique. Revenant sur son passage à Podor, il a rappelé avoir déclaré qu’il prendrait ses responsabilités si Amadou Ba ne respectait pas ses engagements.
Il affirme que sa formation poursuit actuellement son déploiement à travers le Sénégal, avec des activités organisées dans différentes zones du pays.







