Le collectif Fatali monte au créneau contre le député Guy Marius Sagna. Dans un communiqué rendu public, l’organisation dénonce vivement les récentes prises de position du parlementaire, qu’elle accuse de « manipulation », de « mensonges » et d’« opportunisme ». Selon Fatali, l’élu de la Nation aurait « raté une belle occasion » d’aborder, lors de la séance solennelle à l’Assemblée nationale, plusieurs dossiers prioritaires au cœur des préoccupations des Sénégalais.
Le collectif estime notamment que le député aurait dû interpeller le Gouvernement sur l’abrogation de la loi d’amnistie afin de faire la lumière sur les décès enregistrés lors des manifestations politiques de 2021 à 2024. Fatali évoque également l’affaire Sweet Beauty et exige sa réouverture, tout en rappelant la condamnation d’Ousmane Sonko pour corruption de la jeunesse.
L’organisation égrène une longue liste de sujets qu’elle souhaite voir versés au débat public : les orientations du programme Jàmm Ak Njariñ, la controverse autour de la dette cachée et de la sincérité des chiffres des finances publiques, la gestion du « compte des mille milliards », les fonds destinés à la crise de Bakel, les indemnisations promises aux victimes, ainsi que l’attribution du marché de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER).
À ces griefs s’ajoutent les interrogations sur la transparence des fonds politiques, les financements obtenus auprès du fonds d’Abou Dhabi, la question de la criminalisation de l’homosexualité, les révélations du journaliste Madiambal Diagne sur l’acquisition de matériel de renseignement, ou encore le niveau de participation de l’État du Sénégal au sein du terminal à conteneurs DP World.
Une stratégie économique jugée insuffisante et un avertissement cash
Fatali critique par ailleurs la politique économique déclinée par l’Exécutif, qualifiant d’insuffisantes les recettes fiscales ciblées sur l’alcool, le tabac et les jeux de hasard. Pour le collectif, ces leviers ne sauraient tenir lieu de stratégie de relance crédible, dans un contexte national désormais marqué par l’exploitation des ressources pétrolières et gazières. La gestion de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) figure également parmi les chantiers sur lesquels des clarifications sont urgemment attendues.
Au-delà de ces dossiers sectoriels, le collectif reproche surtout à Guy Marius Sagna d’avoir privilégié la joute politicienne au détriment des urgences sociales. Fatali soutient que ses invectives ont cherché à faire diversion face à l’intervention du Premier ministre Ahmadou Alhaminou Lô, dont le discours mettait en lumière, selon le collectif, la continuité des orientations stratégiques de l’ancien président Macky Sall dans les domaines des filets sociaux, des infrastructures, de la jeunesse et de l’éducation.
Adoptant un ton particulièrement offensif, le collectif prévient que les sorties du député ne suffiront plus à masquer les difficultés de la majorité. « À chaque sortie ratée, une réponse ferme lui sera retournée », avertit l’organisation en guise de mise en garde.







