Le limogeage de Pape Thiaw et de son staff n’aura pas suffi à refermer le dossier du Mondial 2026. Au contraire. Au fil des prises de parole de la Fédération sénégalaise de football (Fsf), les révélations dessinent le portrait d’une campagne marquée autant par l’échec sportif que par des dysfonctionnements organisationnels.
Dernier épisode en date : le président de la Fsf, Abdoulaye Fall, a affirmé avoir découvert tardivement que le médecin titulaire des Lions, le Dr Fedior, était gynécologue, estimant que son profil ne correspondait pas aux exigences d’un suivi médical en Coupe du monde. « Les joueurs n’étaient pas convaincus », a-t-il déclaré. Une sortie qui alimente davantage les interrogations sur la préparation de la sélection.
Cette révélation s’ajoute à une longue série de couacs évoqués depuis l’élimination face à la Belgique : contrat du sélectionneur signé tardivement, réorganisation du staff en pleine compétition, difficultés logistiques, interrogations sur la restauration, la gestion des déplacements ou encore la composition d’une délégation jugée pléthorique. Plusieurs joueurs ont également dû rejoindre leur club pour certains examens médicaux.
Dans ce contexte, la responsabilité sportive de Pape Thiaw est difficilement contestable. Trois défaites en quatre rencontres, neuf buts encaissés et une élimination après avoir laissé échapper un avantage de deux buts contre la Belgique constituent un bilan qui a conduit le Comité exécutif à engager une procédure de cessation de ses fonctions.
Mais le débat dépasse désormais le seul banc de touche. Au sein même du Comex, des voix appellent à une évaluation plus globale de cette campagne. Le journaliste Aboubacry Ba comme le membre du Comité exécutif Moussa Mbaye estiment publiquement que le sélectionneur ne peut être présenté comme l’unique responsable d’un échec auquel des insuffisances organisationnelles auraient également contribué.
Au-delà du Mondial, c’est la gouvernance de la Fédération qui se retrouve au centre des débats. Plusieurs acteurs du football réclament une réforme des textes afin de renforcer la cohérence du fonctionnement interne, de professionnaliser certaines fonctions stratégiques et de donner davantage de lisibilité aux responsabilités.
Le premier fusible a sauté. Reste désormais à savoir si l’évaluation annoncée permettra d’établir toutes les responsabilités, qu’elles soient sportives, administratives ou organisationnelles. Car le prochain chantier du football sénégalais ne se limitera pas au choix d’un nouveau sélectionneur. Il concernera aussi la capacité des institutions à tirer toutes les leçons d’un Mondial dont les conséquences dépassent largement le terrain.








