Le berger A. Bâ a été fixé sur son sort ce mercredi 13 mai par la chambre criminelle du tribunal de grande instance de Thiès. Âgé de 37 ans, il a été poursuivi pour le meurtre de N. Fam, étudiant en Licence 2 à la faculté des Sciences juridiques et politiques de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Ce dossier a été examiné le mardi 14 avril 2026.
Après délibéré, la chambre a disqualifié les faits de meurtre en coups mortels ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Elle a déclaré le prévenu coupable de ce chef et l’a condamné à 5 ans de prison.
Pour rappel, les éléments de l’enquête révélaient que le 1er décembre 2023, la brigade de recherches de Thiès avait reçu une information faisant état d’une bagarre qui avait éclaté, le 27 novembre 2023 dans le quartier Thiès-None, à côté du bar Chez Gaby (ex-Café des Arts). Un individu avait été grièvement blessé et admis aux urgences de l’hôpital régional de Thiès.
Interrogé par la BR, l’ami de la victime, J. Mendy, avait déclaré s’être rendu avec la victime N. Fam dans ce bar le jour des faits, de 15 h à 21 h, pour se restaurer et boire. Entre-temps, son ami et le vigile du bar, A. Badji, avaient eu une altercation. Ce dernier les avait ensuite expulsés.
J. Mendy avait soutenu qu’après avoir calmé son ami, il était revenu dans le bar pour supplier le vigile, mais ce dernier lui avait aspergé une pompe à gaz, l’obligeant à s’éloigner. Alors qu’il avait quitté le bar, il avait retrouvé N. Fam allongé par terre, inconscient. C’est ainsi qu’il l’avait emmené passer la nuit chez lui. Mais à son réveil, constatant qu’il était toujours inconscient, il l’avait évacué à l’hôpital.
Auditionné, le vigile du bar, A. Badji, avait déclaré que le jour des faits, la victime, après avoir pris de la bière, avait commencé à casser les bouteilles vides. Il l’avait expulsée du bar ainsi que son ami J. Mendy. Il a ajouté qu’il n’était pas présent au moment de la bagarre, tout en précisant que l’accusé A. Bâ lui avait confirmé avoir agressé la victime.
S. Thiam, témoin oculaire des faits, avait soutenu qu’il était au restaurant situé en face du bar et qu’il avait aperçu deux individus, d’apparence peule, agresser un individu et que l’un d’eux avait assené un violent coup à la tête de N. Fam avec une planche.
Interpellé par les enquêteurs, l’accusé A. Bâ avait déclaré qu’au moment où il sortait du bar, N. Fam s’était mis à l’insulter et que, lors de l’altercation, la victime s’était servie d’une grosse pierre. Il s’était alors défendu en lui portant un violent coup de poing. Il avait contesté avoir frappé N. Fam avec une planche.
À la barre, le prévenu A. Bâ avait changé de version. Contrairement à l’enquête préliminaire, il a déclaré au juge ne pas être au courant de cette affaire. « J’avais l’habitude d’aller dans ce bar, mais au moment des faits, j’étais resté une semaine sans m’y rendre. Je ne me suis battu avec personne », a-t-il contesté. Le témoin J. Mendy avait réitéré ses déclarations tenues lors de l’enquête préliminaire.
Constitué en partie civile, le père de la victime avait déclaré avoir ignoré les circonstances dans lesquelles son fils est mort. Il avait précisé qu’il avait été informé par J. Mendy et avait trouvé son fils dans le coma à l’hôpital régional.
Pour le procureur de la République, de nombreux événements se sont produits entre le coup porté et le décès de la victime. Selon lui, la mort de N. Fam serait liée à une prise en charge tardive, la victime étant restée toute une nuit sans bénéficier d’une intervention médicale.
Par conséquent, il avait demandé la requalification des faits de meurtre en coups mortels. Il avait ainsi requis quatre ans de prison ferme contre A. Bâ.
La défense, assurée par Me Sy, avait estimé qu’il n’existe aucune preuve matérielle ni scientifique établissant qu’A. Bâ est l’auteur de cette mort. Il avait rappelé que le droit pénal est le droit de la certitude, soulignant l’absence de tout élément objectif permettant au juge de prononcer une condamnation.
Selon Me Sy, son client a été désigné comme auteur du crime uniquement en raison de sa coiffure dite « dégradé », un argument que l’avocat jugeait insuffisant et peu sérieux pour établir la culpabilité.
En conséquence, il avait sollicité l’acquittement pur et simple de son client ou, à titre subsidiaire, la requalification des faits de meurtre en coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
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