Le journaliste-chroniqueur Seydina Seck s’interroge sur la dynamique qui entoure la naissance de Kiiraay, la nouvelle formation politique présentée comme un pilier de la majorité présidentielle.
Dans une contribution, il met en garde contre le risque de voir ce parti devenir un refuge pour des responsables plus préoccupés par leur avenir politique que par un véritable engagement idéologique.
Selon lui, les nombreux ralliements enregistrés ces dernières semaines soulèvent des interrogations sur les motivations réelles de certains nouveaux adhérents. « À mesure que les élections locales approchent, plusieurs maires, élus territoriaux et responsables politiques semblent considérer Kiiraay comme un nouveau point de chute », affirme Seydina Seck, estimant que beaucoup chercheraient avant tout à maximiser leurs chances d’obtenir une investiture.
Le chroniqueur observe que cette dynamique ne concerne pas uniquement les élus locaux. « Des directeurs généraux, présidents de conseil d’administration et autres responsables nommés rejoignent également cette nouvelle structure », relève-t-il, ajoutant que, pour de nombreux observateurs, ces ralliements traduisent surtout une volonté de préserver des positions acquises au sein de l’appareil d’État.
Abordant un sujet plus sensible, Seydina Seck évoque également le cas de certaines personnalités ayant fait l’objet de critiques sur leur gestion ou de controverses publiques. « Certains analystes estiment que ces responsables cherchent, à travers leur adhésion à Kiiraay, à se repositionner politiquement », écrit-il.
Il précise toutefois que « l’appartenance à une formation politique ne confère aucune immunité judiciaire et ne préjuge en rien de la responsabilité ou de l’innocence de quiconque », rappelant que toute procédure relève exclusivement de la justice.
Pour le journaliste-chroniqueur, le véritable danger réside dans l’image que pourrait renvoyer cette nouvelle formation politique. « Le risque est que Kiiraay soit progressivement perçu, à tort ou à raison, non comme un parti de renouveau, mais comme un refuge pour des responsables en quête de protection politique ou de nouvelles opportunités électorales », avertit-il.
Face à cette situation, Seydina Seck estime que les dirigeants de Kiiraay devront faire preuve d’une grande rigueur dans le choix de leurs futurs candidats. À ses yeux, « les critères de sélection doivent reposer sur la compétence, l’intégrité et le service de l’intérêt général, plutôt que sur le poids politique ou les calculs individuels ».
Le chroniqueur considère que l’avenir de Kiiraay dépendra moins du nombre de ses nouvelles adhésions que de sa capacité à préserver sa crédibilité. « La crédibilité de Kiiraay ne se mesurera pas au nombre de ses nouveaux adhérents, mais à sa capacité à distinguer les militants porteurs d’un véritable projet de ceux qui ne voient dans cette formation qu’un simple véhicule de survie politique », conclut Seydina Seck.







