De la mécanisation des terres de Khelcom aux investissements stratégiques dans l’immobilier et les mines, Cheikh Amar incarne la réussite d’un modèle économique ancré dans la foi. Retour sur le parcours du patron du groupe TSE, un des modèles du capitalisme mouride, où réussite financière et dévotion spirituelle ne font qu’un.
Figure incontournable du monde des affaires sénégalais, Cheikh Amar s’est imposé au fil des dernières décennies comme l’un des entrepreneurs les plus influents du pays. À la tête du groupe TSE (Tracto Service Équipement, devenu Touba Service Équipement selon les activités du groupe), il a bâti un empire diversifié dans les secteurs de l’agriculture, de l’immobilier, des équipements industriels, de l’automobile et des mines. Son parcours est également marqué par un profond engagement au sein de la communauté mouride, dont il est l’un des plus importants mécènes.
Né à Saint-Louis, Cheikh Amar est aujourd’hui âgé d’une cinquantaine d’années. Après des études en France, où il obtient un brevet de technicien supérieur (BTS) en commerce, il fait ses premières armes dans la grande distribution en travaillant pour le groupe Leclerc. Cette expérience lui permet d’acquérir les bases de la gestion commerciale avant de rentrer au Sénégal en 2002 avec l’ambition de créer sa propre entreprise.
Il fonde alors Tracto Service Équipement (TSE), spécialisée dans l’importation, la commercialisation et la maintenance de matériels agricoles. Dès ses débuts, l’entreprise bénéficie de la confiance de la communauté mouride, en particulier du regretté khalife général Serigne Saliou Mbacké. Celui-ci lui confie l’approvisionnement et l’entretien des équipements destinés à l’immense domaine agricole de Khelcom, vaste exploitation de près de 45 000 hectares située dans le bassin arachidier.
Cette proximité avec Serigne Saliou Mbacké constitue un tournant majeur dans sa trajectoire. Le guide religieux le présente notamment à l’ancien président Abdoulaye Wade, avec lequel Cheikh Amar nouera des relations étroites. Si certains observateurs attribuent une partie de son ascension à ces soutiens, ses proches mettent surtout en avant sa vision entrepreneuriale, sa capacité à saisir les opportunités et son sens de l’investissement.

Au fil des années, TSE devient un groupe diversifié. Cheikh Amar investit dans l’immobilier, notamment dans le quartier des Almadies à Dakar, participe au développement du secteur automobile en intégrant le pool d’actionnaires de Seniran, spécialisée dans l’assemblage de véhicules à Thiès en partenariat avec le constructeur iranien Iran Khodro, et étend progressivement ses activités aux secteurs minier, industriel et des infrastructures.
Parallèlement à son parcours économique, Cheikh Amar demeure profondément attaché à la confrérie mouride. Talibé fidèle de Serigne Saliou Mbacké, il est régulièrement cité parmi les principaux soutiens de l’organisation du Grand Magal de Touba. À plusieurs reprises, il a contribué financièrement à la préparation de cet événement religieux majeur, en apportant des financements importants destinés aux infrastructures, à la logistique et à l’accueil des pèlerins.
Son engagement s’exprime également à travers des offrandes religieuses (berndé et barkelou), le financement de projets communautaires et la réalisation d’infrastructures au bénéfice des populations et des familles religieuses. Pour de nombreux sénégalais, cette implication illustre le lien étroit qu’il entretient entre réussite économique, responsabilité sociale et fidélité à ses convictions spirituelles.
Aujourd’hui, Cheikh Amar incarne le profil d’un entrepreneur qui a su transformer une entreprise spécialisée dans les équipements agricoles en un groupe présent dans plusieurs secteurs stratégiques de l’économie sénégalaise. Son influence dépasse le monde des affaires, portée par son engagement philanthropique et sa proximité historique avec les grandes figures de la confrérie mouride. Son parcours continue d’alimenter les débats sur le rôle des grands entrepreneurs dans le développement économique et social du Sénégal.







