À l’heure du bilan, les enseignements sont nombreux après cette Coupe du monde 2026 : les dirigeants ne sont pas au niveau de l’équipe, les cadres ont manqué d’influence dans le jeu, le staff technique a été dépassé par l’exigence… Mais, parmi tant d’enseignements, impossible de manquer la performance moyenne des têtes d’affiche de la nouvelle génération.
Issue des plus grands clubs européens, cette relève n’a pas su prendre de l’épaisseur durant ce Mondial pour faire souffler les « vieux ». Lamine Camara, Pape Matar Sarr ou encore Ibrahim Mbaye sont passés à côté de leur sujet. Souvent remplaçants lors de la dernière CAN, ils avaient apporté de l’insouciance, de la vitesse et du rythme à leur entrée. Au Mondial, ils ont été plus responsabilisés par le sélectionneur Pape Thiaw. Lamine Camara a connu trois titularisations en quatre matchs en Amérique du Nord, contre seulement deux en sept matchs au Maroc. Ibrahim Mbaye, pour sa part, n’a jamais été titulaire à la CAN, avant de l’être une fois au Mondial. Sans le résultat escompté.
Lamine Camara et Pape Matar Sarr en deçà des attentes
Dans le jeu, Lamine Camara, attendu comme le prochain grand milieu du Sénégal, a été très loin de son niveau affiché à Monaco. Très souvent transparent, par moments intermittent lors de ses trois titularisations, il se rate complètement face à la Belgique après son entrée en jeu. De la personnalité, il en a également manqué, disparaissant lors des temps faibles du Sénégal. Des prestations qui remettent en cause son statut au sein de la Tanière, lui qui est annoncé comme la relève de Gana Guèye et le futur patron du milieu sénégalais. À ce jour, il en est loin.
Il y a aussi Pape Matar Sarr, joker de luxe au milieu, dont le déclin a surpris plus d’un. Auteur du but qui qualifie certainement le Sénégal à Kinshasa, le milieu n’est plus que l’ombre de lui-même. Relégué au banc des remplaçants dans un Tottenham à la ramasse, il justifie sa dégringolade par sa prestation face à la Belgique. Lancé par Pape Thiaw pour maintenir le score, Sarr s’est montré trop tendre, notamment sur le but de Lukaku, où il manque son dégagement. À 23 ans, il est déjà à la recherche de son niveau d’il y a quelques années.
Le cas Ibrahim Mbaye : le statut de titulaire en question
Le cas de Ibrahim Mbaye est encore plus particulier. S’il n’y a aucun doute sur sa capacité à être important et influent pour le Sénégal dans les prochaines années, le Parisien soulève toutefois des interrogations sur sa capacité à être un titulaire indiscutable dès aujourd’hui. Percutant et très fort dans les petits appuis, Mbaye a eu beaucoup de mal à percer une défense bien en place lors de sa titularisation face à l’Irak. Face à un bloc recroquevillé, ses capacités de contre-attaquant ont été inefficaces. Comme quoi, l’utiliser en sortie de banc, quand les joueurs sont fatigués, les défenses étirées et les espaces plus grands, n’est pas une si mauvaise idée.
Avec ce staff ou un nouveau, des ajustements devraient être faits pour trouver la bonne place à la nouvelle génération. Un juste équilibre est nécessaire pour permettre aux cadres de demain de s’affirmer pleinement dès aujourd’hui.







