Le tribunal de Kaffrine a examiné ce matin une affaire de meurtre particulièrement douloureuse mettant en cause El. Mbaye. Il est poursuivi pour avoir causé la mort de son propre frère, Mb. Mbaye, à la suite d’un différend de voisinage familial.
À la barre, l’accusé est revenu en détail sur le fil des événements ayant mené au drame. Selon ses déclarations, le conflit opposant les deux frères portait sur une simple palissade que la victime souhaitait enlever, malgré l’opposition ferme de l’accusé. Après plusieurs discussions restées sans effet, les relations entre les deux hommes s’étaient progressivement dégradées.
El. Mbaye a expliqué que le jour des faits, alors qu’il demandait une nouvelle fois à son frère d’arrêter de toucher à la clôture, ce dernier serait entré dans sa chambre pour en ressortir muni d’une hache afin de poursuivre son entreprise. Une violente altercation a alors éclaté. L’accusé affirme avoir reçu un premier coup avant de réagir pour se défendre, un geste de riposte qui a finalement coûté la vie à son frère.
« C’était mon frère… Je vis aujourd’hui avec ce lourd fardeau »
Très ému et en larmes au cours de son audition, El. Mbaye a exprimé de profonds regrets devant les juges, peignant le portrait d’une famille autrefois unie. « C’était mon frère. J’ai financé son éducation. Lorsque je travaillais en Gambie, c’est lui qui s’occupait des travaux champêtres et de la surveillance de la maison familiale. Je regrette profondément ce qui s’est passé. Je vis aujourd’hui avec ce lourd fardeau », a-t-il confessé devant la juridiction.
Dans son réquisitoire, le procureur de la République a estimé que, malgré le contexte, l’intention de donner la mort et la matérialité des faits étaient établies. Le ministère public a ainsi requis une peine de sept ans de réclusion criminelle contre El. Mbaye pour meurtre et détention d’arme blanche.
La défense plaide l’excuse de provocation, verdict le 28 juillet
Pour sa part, l’avocat de la défense a articulé sa plaidoirie autour du drame absolu que traverse cette famille, où la mère perd simultanément un fils et voit l’autre menacé de prison. Le conseil a demandé au tribunal de requalifier les faits (notamment en coups mortels ou en retenant l’excuse de provocation) et de faire preuve d’une grande clémence en tenant compte de la hache sortie par la victime et des regrets sincères de son client.
Après avoir entendu toutes les parties, la chambre criminelle a mis l’affaire en délibéré. Le verdict final sera rendu le 28 juillet prochain.







