Animés par le souhait d’offrir à leur mère le pèlerinage à La Mecque, Chérif Sonko et sa sœur ont versé 5,5 millions de francs CFA à El Hadji Kaoussou Cissé, présenté comme intermédiaire pour l’organisation du voyage. Mais alors que la famille se préparait au départ, l’absence de prise en charge promise a conduit l’affaire devant le tribunal de grande instance de Mbour.
El Hadji Kaoussou Cissé, qui assure être un convoyeur aux Lieux saints de l’Islam, est poursuivi dans une affaire liée à l’organisation d’un voyage au pèlerinage à La Mecque pour lequel il aurait reçu 5,5 millions de francs CFA de la part de Chérif Sonko.
À la barre, le plaignant Chérif Sonko a expliqué avoir remis à El Hadji Kaoussou Cissé plusieurs versements totalisant 5,5 millions de francs CFA afin de permettre à sa mère d’effectuer le pèlerinage.
« Ma sœur et moi voulions amener notre mère à La Mecque. On nous a mis en rapport avec El Hadji Kaoussou Cissé. Je lui ai remis deux millions à deux reprises, puis un autre million et demi. Il nous avait assuré que notre mère devait partir le 12 mai et qu’il travaillait avec une agence », a-t-il expliqué.
Selon le plaignant, sa mère a finalement pu se rendre à La Mecque, mais sans l’intervention effective de Kaoussou Cissé, ce qui est à l’origine du litige.
Le président du tribunal a relevé que le prévenu ne disposait ni d’agrément ni de NINEA l’autorisant à organiser des voyages de pèlerinage. Le procureur Camara a insisté sur la gravité des faits, rappelant que la mère du plaignant avait déjà fait ses adieux à ses proches et voisins en Casamance dans la perspective de son départ.
Interrogé par son conseil, Me Abdoulaye Tall, Kaoussou Cissé a reconnu fonctionner en sous-traitance avec des agences. L’avocat a alors mis en garde son client : « Si vous ne laissez pas cela, vous allez vous retrouver dans d’autres problèmes. Rapprochez-vous des agences agréées ».
Dans sa plaidoirie, Me Tall a rappelé le parcours de son client, connu selon lui dans les actions humanitaires et comme guide de pèlerins depuis plusieurs années.
« Depuis cinq ans, il accompagne des pèlerins. Il a pris le risque de vouloir organiser lui-même », a soutenu l’avocat.
La défense a également indiqué que la famille du prévenu avait réussi à réunir trois millions de francs CFA pour tenter de régler le différend, mais que la partie civile réclamait le remboursement intégral de la somme versée.
Estimant que son client n’est pas un délinquant, Me Tall a demandé au tribunal de requalifier les faits d’escroquerie en abus de confiance. Selon lui, cette procédure doit surtout permettre à Kaoussou Cissé de comprendre qu’il ne peut exercer comme agence de voyage sans les autorisations requises.
Le délibéré sera rendu mardi prochain.







