L’avocat franco-espagnol Juan Branco, est une figure bien connue au Sénégal, pour avoir été le conseil d’Ousmane Sonko lors de ses déboires judiciaires sous le régime de Macky Sall. Invité de la chaîne YouTube « Décrypter l’Afrique mercredi dernier », le natif d’Estepona a évoqué ses insatisfactions après la prise de pouvoir de Diomaye Faye.
« Il y a eu à mon sens, une complaisance symboliquement beaucoup trop marquée avec Emmanuel Macron »
Pour lui, les choses n’ont pas vraiment changé dans l’appareil étatique. « On a tous beaucoup sacrifié pour produire une rupture qui n’est pas intervenue…Il n’y a pas eu de changement profond au sein de l’appareil d’Etat, qui aurait permis d’avoir cette agilité pour aller chercher de nouveaux partenariats, pour équilibrer les rapports avec la France. Il y a eu à mon sens, une complaisance symboliquement beaucoup trop marquée avec Emmanuel Macron qui n’avait pas hésité, en ce qui me concerne, à me faire enlever en Mauritanie pour m’amener en détention ou j’encourais la perpétuité, à Dakar », a déclaré l’avocat franco-espagnol.
Il dit avoir mal vécu cette affabilité à l’égard de Macron.
« On se retrouve avec une forme de complaisance à l’égard de ceux qui (veulent nous détruire) »
Ça « a été douloureux à vivre mais pas que pour moi parce qu’on (s’est engagé), on a fait une lutte majeure, on fait un don très important à travers (le Pastef), qui prônait la défense d’un certain nombre de valeurs et on se retrouve avec une forme de complaisance à l’égard de ceux qui (veulent nous détruire », a regretté Juan Branco.
Malgré sa déception, il dit ne pas vivre cet épisode comme une « trahison », parce qu’un président peut faire « face à des contraintes structurelles énormes ».
« Ce n’est pas une injonction »
Néanmoins, la toge noire souhaite que Diomaye Faye « clarifie le pourquoi de ses orientations, le pourquoi de ses venues à Paris, l’accueil de Embalo…etc ».
« Ce n’est pas une injonction, mais je pense que ce serait important qu’il y ait un moment d’explication pour comprendre, quelles sont les contraintes qui s’appliquent à lui et à Monsieur Sonko », a précisé l’avocat franco-espagnol.







