La plaignante s’est confiée au journal Le Quotidien. Le titre du groupe Avenir communication rapporte qu’une dame nommée «Mme B. Diaw», qui aurait collaboré en tant que juriste avec le ministère de la Justice, accuse l’État d’avoir exploité sans son autorisation un document qu’elle aurait déposé en janvier 2025 à la Primature et dans lequel elle trace les contours d’une réforme institutionnelle. Son travail aurait nourri depuis mai dernier des décisions annoncées en Conseil des ministres et, surtout, le récent décret renforçant les pouvoirs du Premier ministre.
Pour dénoncer ces faits supposés, rapporte Le Quotidien, Mme B. Diaw a saisi le procureur d’une plainte contre X pour «contrefaçon d’œuvre de l’esprit, abus de confiance, usurpation de propriété intellectuelle, recel de contrefaçon et détournement de document administratif».
«Similitudes frappantes»
Se livrant à un exercice de comparaison entre le document de la juriste et les textes officiels incriminés, Le Quotidien pointe : «Les similitudes sont frappantes et vont au-delà du hasard ou de l’emprunt de formules techniques communes. Il s’agit de structures propositionnelles identiques, de terminologies spécifiques et novatrices créées par la juriste, et de séquences logiques reprises à l’identique.»
Le journal martèle : «Plusieurs passages de certains décrets récents mettent en évidence les similitudes entre les termes utilisés dans les textes officiels et la terminologie de son document.»
En guise d’exemple, la même source cite le décret renforçant les prérogatives du Premier ministre, pris le 7 novembre dernier : «Mme Diaw relève que des mesures étaient prises dès le mois de juillet, par exemple pour ‘mettre en place un Comité spécial chargé de traduire les recommandations du Dialogue national en textes, là où son document insistait sur la coordination et l’articulation intersectorielle et [la création d’un] comité de pilotage multisectoriel’.»
Le Quotidien de poursuivre : au sujet du suivi-évaluation des politiques et de la gouvernance numérique, le document de la juriste «prévoit, entre autres, une ‘plateforme digitale’ et des ‘mécanismes de suivi’ ainsi que des ‘instruments de pilotage logés à la Primature, tandis que [le gouvernement] parlait, dans le communiqué du Conseil des ministres du 18 juin 2025, de la ‘création de la Cellule d’orientation et de suivi des réformes (COSR)».
Il ne s’agissait pas de dépouiller Diomaye Faye
Au total, résume le journal, «l’analyse des communiqués des Conseils des ministres des 18 juin, 16 juillet, 3 septembre et 3 décembre, révèle une convergence frappante entre les orientations gouvernementales et les axes stratégiques du document de Mme Diaw».
«Du renforcement du pilotage interministériel à la modernisation numérique de l’Administration, en passant par la constitution d’un vivier de compétences, la réorganisation des ministères ou encore la mise en place d’instances de suivi-évaluation, les services du Premier ministre semblent s’être largement appuyés sur les recommandations structurantes dudit document», avance Le Quotidien.
La même source renseigne que la plaignante a toutefois tenu à souligner que sa réflexion «n’avait pas pour objectif de dépouiller le chef de l’État de ses pouvoirs au profit d’un renforcement des prérogatives du Premier ministre».









